Résidus de pesticides : LMR et résultat d’analyse
Lorsque des pesticides sont utilisés pour protéger les plantes, des traces peuvent subsister dans les aliments : ce sont les résidus de pesticides. Une LMR, limite maximale de résidus, est le niveau le plus élevé d’un résidu de pesticide légalement toléré dans ou sur un aliment lorsque les pesticides sont appliqués correctement. La Commission européenne fixe les LMR de tous les aliments et de tous les aliments pour animaux ; elles sont consultables dans la base européenne officielle. Pour un dossier de lot, rapprochez l’identité de la récolte et le résultat d’analyse, puis comparez ce résultat à la LMR qui s’applique à cette denrée.
Résidu de pesticide détecté, dépassement et non-conformité
Quand la teneur en résidus d’un aliment dépasse la LMR, cela ne signifie pas automatiquement que l’aliment n’est pas conforme à la législation de l’UE. Un échantillon est classé non conforme uniquement si le niveau mesuré reste supérieur à la LMR après application de la marge d’incertitude de mesure. Le guide analytique de la Commission fixe par défaut une incertitude de mesure élargie de 50 %, pour un niveau de confiance de 95 %.
Plusieurs résidus de pesticides dans un même aliment ne signifient pas nécessairement que la législation est enfreinte tant que le résidu de chaque pesticide ne dépasse pas sa limite légale. Si un résidu dépasse une LMR, un État membre peut infliger une amende à l’opérateur et, si un risque pour la santé est identifié, retirer l’aliment du marché et alerter les autres États membres.
Liste des LMR de pesticides : recherche par denrée et par résidu
La base de données de l’UE sur les pesticides publie les LMR de tous les pesticides pour toutes les cultures. Deux recherches sont possibles. La recherche par denrée (par exemple les oranges) donne les LMR de tous les résidus de pesticides qui s’appliquent à cette denrée. La recherche par résidu dans des denrées précises donne les LMR actuelles ou historiques qui s’y appliquent légalement. Les données de LMR se téléchargent.
La LMR du glyphosate s’obtient donc par la recherche par résidu : sélectionner le glyphosate, puis la denrée. L’information officielle sur les substances actives et les résidus de pesticides est publiée au Journal officiel de l’Union européenne.
Associez toujours le résidu à la denrée : une LMR n’a de sens que pour ce couple. Pour constituer une liste, notez les denrées et les résidus recherchés, la période examinée (valeurs actuelles ou historiques) et la date de l’extraction, plutôt que de ne garder qu’un tableau détaché de sa recherche.
Rapport d’analyse : ce que prévoit SANTE 11312/2021 v2026
Le guide SANTE 11312/2021 v2026 de la Commission européenne, mis en œuvre au 1er janvier 2026, remplace la version v2.
| Élément du rapport | Ce que prévoit le guide |
|---|---|
| Identification de l’échantillon | Identification claire et indélébile, qui assure la traçabilité ; à réception, le laboratoire attribue un code unique à chaque échantillon. |
| Résultats | Les résultats de chaque analyte mesuré sont toujours rapportés, exprimés en mg/kg. |
| Définition de résidu à plusieurs analytes | La somme est calculée comme l’indique la définition et sert à la comparaison avec la LMR ; si le laboratoire ne peut quantifier qu’une partie de la somme, le rapport l’indique clairement. |
| Limite de restitution (RL) | La RL ne peut pas être inférieure à la limite de quantification (LOQ). |
| Arrondi | De la RL à moins de 10 mg/kg : deux chiffres significatifs ; à partir de 10 mg/kg : trois. |
| Biais de la méthode | Pas de correction si le biais moyen est inférieur à 20 % et si l’incertitude élargie de 50 % n’est pas dépassée ; au-delà de 20 %, le résultat peut être corrigé par un facteur de récupération. |
Pour relire un rapport sans le modifier, posez-vous ces questions :
| Élément à retrouver | Question de relecture |
|---|---|
| Référence de l’échantillon | Quelle pièce établit le lien avec le lot reçu ? |
| Désignation de la denrée | Correspond-elle au produit sélectionné dans la recherche ? |
| Analyte ou définition de résidu | Le laboratoire a-t-il expliqué ce qui a été mesuré ? |
| Concentration et unité | La transcription reprend-elle le résultat entier ? |
| Limite de restitution ou de quantification | Que signifie le signe utilisé devant la valeur ? |
| LMR et référence réglementaire | Quelle limite a été retenue pour cette comparaison ? |
| Incertitude et conclusion | Comment le laboratoire a-t-il établi son appréciation ? |
Utilisez le code unique attribué par le laboratoire comme point d’entrée de votre classement, puis reliez-le à vos références internes de récolte et de livraison.
Fraction analysée et préparation de l’échantillon
Les parties de la denrée à analyser sont fixées par l’annexe I du règlement (CE) n° 396/2005. La préparation, le traitement et le sous-échantillonnage ont lieu avant toute détérioration visible. Quand le broyage à température ambiante dégrade certains résidus, le guide recommande d’homogénéiser l’échantillon à basse température ; pour les résidus que le broyage affecte (dithiocarbamates, fumigants) sans alternative pratique, la prise d’essai se compose d’unités entières de la denrée ou de segments prélevés sur les grosses unités.
Décrivez la marchandise envoyée (fruit entier, produit séché, grain ou denrée transformée) et conservez cette description sur le bon d’envoi. Précisez avec le laboratoire la matrice analysée : pulpe, peau, fruit entier ou produit transformé. Si une question porte sur la préparation de l’échantillon, demandez au laboratoire comment il l’a traité, et ne retraitez pas le résultat vous-même. Si un résultat soulève des questions, gardez les commentaires du rapport sur la méthode et ses limites ; si le rapport mentionne une récupération, une correction ou une définition de résidu, demandez au laboratoire de les expliquer et conservez sa réponse avec le rapport.
Modifications d’usage liées aux nouvelles LMR
Les usages d’APHICAR 100 EW et de SHERPA 100 EW en vigne à vin de plein air et en tomate sous protection sont retirés avec effet immédiat depuis le 14 octobre 2026, afin de prévenir tout dépassement des nouvelles LMR. Ce retrait s’applique même si les étiquettes des produits vendus n’ont pas encore été adaptées. Vérifiez donc l’usage prévu sur votre parcelle avant de vous fier à l’étiquette.
Après la révision européenne des LMR de la deltaméthrine, le SPF a modifié les usages de plusieurs produits pour éviter des dépassements. Pour AVEVE INSECTICIDE PLUS, DELETE et OMNI INSECT, le délai avant récolte du céleri à couper sous protection passe de 7 à 14 jours. Pour AVEVE INSECTICIDE PLUS SPRAY et DELETE SPRAY, le délai entre deux applications sur tomate et aubergine de plein air passe de 7 à 14 jours.
DT50 phytosanitaire : dégradation et dissipation
La DT50 est un terme générique pour le temps de disparition de 50 % du résidu. Elle devrait préciser à quel processus de disparition elle se rapporte : DegT50 pour la dégradation dans la matrice du sol, DisT50 pour la dissipation. Si le calcul suit une cinétique de premier ordre simple (SFO), la DT50 s’appelle aussi « demi-vie ». Pour lire une valeur, relevez le milieu, les conditions et le processus mesuré. Une DT50 isolée ne donne ni un calendrier de récolte ni un délai d’accès à une culture, et ne se traduit pas par « durée d’action » : elle décrit le devenir d’une substance dans un cadre d’étude, pas l’efficacité contre un organisme nuisible.
| Expression rencontrée | Information à retrouver dans le document |
|---|---|
| DT50 | Processus auquel l’auteur rattache la disparition |
| DegT50 | Dégradation dans le compartiment étudié |
| Dissipation au champ | Ensemble des processus pris en compte |
| DegT50matrix | Dégradation dans la matrice du sol suivant les conditions décrites |
| SFO | Modèle cinétique utilisé pour ajuster les observations |
Dégradation et dissipation
La dégradation est le processus par lequel une substance est transformée physiquement d’une espèce chimique en une autre. La dissipation est le résultat d’un ou plusieurs processus de perte qui font disparaître une substance d’une matrice environnementale comme le sol : dégradation biotique ou abiotique, photolyse de surface, volatilisation, absorption par les plantes et lixiviation. La DegT50 est le temps nécessaire pour que 50 % de la substance disparaisse d’un compartiment par dégradation seule.
La DegT50matrix désigne, pour les essais aérobies de laboratoire et les essais de dissipation au champ conçus à cet effet, le temps pour que 50 % de la substance disparaisse de la matrice du sol par dégradation seule, en cinétique SFO. Pour les anciennes études de dissipation au champ, elle correspond à la DT50 déduite de la constante SFO après élimination des données antérieures à 10 mm de pluie, ou de la phase lente DFOP (kslow) ou HS (k2).
Laboratoire et plein champ
Les essais de laboratoire suivent la ligne directrice OCDE 307, à 20 °C et pF2, et mesurent la dégradation. Les essais au champ intègrent la lumière, la température journalière et l’humidité du sol : dégradation, photodégradation et lixiviation y forment ensemble la dissipation. La DegT50 est un paramètre sensible de l’évaluation des risques pour les eaux de surface et les eaux souterraines. Pour comparer deux DT50, relevez leur normalisation et le scénario d’évaluation environnementale auquel chacune se rattache, et distinguez les anciennes études de dissipation de celles conçues pour déterminer la dégradation dans la matrice du sol.
Applications répétées et sédiments
Le guide belge de devenir environnemental (v2.7 du 11 mars 2026) prévoit des calculs de concentration dans le sol pour plusieurs applications au cours d’une saison ou pour des applications répétées pendant plusieurs années d’une substance persistante (accumulation). Dans le système eau/sédiment, des années de traitement consécutives peuvent entraîner l’accumulation d’une substance persistante ; quand la DT50 dans le sédiment ne permet pas de l’exclure, le potentiel d’accumulation doit être estimé. Pour l’évaluation nationale belge, la méthode retenue détermine la concentration plateau maximale à partir de la DT50 dans le sédiment et de la PEC la plus critique. Ne lisez donc pas la persistance sur une seule valeur de disparition : regardez le scénario d’exposition et la répétition des apports. Ne confondez pas non plus la DT50, qui est un temps, avec la concentration prévisible, qui est un résultat d’exposition exprimé en masse par volume ou par kilogramme.
Délai avant récolte
Le délai avant récolte (DAR) est le délai entre la dernière application du produit et la récolte ; il figure dans l’acte d’autorisation. Son respect est primordial pour éviter un dépassement de la LMR fixée par la législation européenne. Avant la récolte, retrouvez le délai de chaque usage concerné et comparez-le aux applications réalisées sur la parcelle.
Où trouver le délai d’un produit
L’acte d’autorisation restreint l’application à des cultures précises et à la lutte contre des organismes nuisibles précis, et mentionne le stade d’application, la dose et la fréquence de traitement. Le délai se lit dans cet ensemble : une valeur recopiée pour une autre culture ou une autre situation ne répond pas à votre question. La recherche Phytoweb accepte le nom commercial, le numéro d’autorisation, la culture et l’ennemi.
Récolte : le délai ne protège pas à lui seul le travailleur
L’idée selon laquelle le délai entre le dernier traitement et la récolte garantit un risque acceptable pour la personne qui récolte est incorrecte. Le modèle d’évaluation calcule le risque du travailleur pendant la récolte en tenant compte de ce délai ; même après le délai, le risque n’est parfois acceptable qu’avec des vêtements de protection de base et éventuellement des gants. Prévoyez donc aussi les consignes de travail adaptées à la culture traitée.