Lutte intégrée en agriculture : relier observations, décision et résultat

La lutte intégrée privilégie la prévention : la parcelle est surveillée pour vérifier s’il est nécessaire d’intervenir, puis les moyens mécaniques et les organismes utiles sont examinés avant les pesticides. Le portail officiel des productions intégrées présente le dispositif wallon. Choisis le cahier de ta production, puis vérifie les mesures qui te concernent pour préparer ton dossier.

Choisir le cahier des charges correspondant à la production

L’annexe 1 de l’arrêté ministériel du 26 janvier 2017 est le cahier des charges de toutes les cultures autres qu’ornementales ; l’annexe 2 concerne les cultures ornementales, pépinières de plants fruitiers et sapins de Noël compris. Les tableaux de l’annexe 1 distinguent grandes cultures, cultures fourragères, légumes de plein air, légumes sous abri et fruits.

La version en vigueur date du 24 décembre 2022, avec les annexes modifiées le 13 octobre 2022. Conserve avec ton dossier le titre de l’annexe et la référence de la version consultée.

Lire code, exigence et niveau sans les confondre

Chaque mesure du cahier a un code, une exigence et un niveau d’obligation propre à chaque secteur. Le niveau 1 est une mesure à appliquer obligatoirement pour les cultures concernées. Au niveau 2, 70 % des mesures notées « 2 » sont appliquées au niveau de l’exploitation. Le niveau 3 est une action conseillée.

Pour chaque mesure, relève le code, l’exigence et le niveau propre à ton secteur, puis garde-les avec les preuves de leur mise en œuvre.

Partir du risque observé dans la parcelle

La décision d’intervenir se prend après l’évaluation du risque réel de présence d’organismes nuisibles. Ce risque est estimé à l’échelle de la parcelle, par l’observation et la surveillance de la population des nuisibles, de la présence et de l’activité des organismes utiles, en tenant compte des seuils de nuisibilité. Avant d’intervenir, évalue donc ce risque réel : nuisibles, auxiliaires, seuils.

Le cahier demande de choisir au moins une méthode de monitoring parmi celles de l’annexe 1d. Cette exigence est de niveau 1 pour les grandes cultures, les légumes et les fruits, et de niveau 3 pour les cultures fourragères. Vérifie le niveau dans la colonne de ta production.

Choisir une méthode de monitoring et conserver sa trace

L’annexe 1d propose six méthodes :

  • Observations visuelles régulières dans la culture, avec pièges collants, pièges à phéromones, plantes indicatrices ou comptages ; les résultats sont consignés.
  • Messages d’un système d’avertissement reconnu, lorsqu’ils existent pour le couple culture et ennemi et sont adaptés à la région ; la référence à ces avertissements est consignée.
  • Encadrement individuel et suivi des parcelles par un service d’avertissement reconnu ou par un conseiller titulaire d’une phytolicence P3 distribution/Conseil ; le suivi et les avis reçus sont consignés.
  • Réflexion sur les données climatologiques qui ont un impact sur la pression d’infection ; cette réflexion est consignée.
  • Analyse d’un échantillon atteint par une maladie ; le rapport d’analyse est conservé.
  • Réflexion sur le cycle du nuisible dans des cas particuliers, par exemple le Sclerotinia du colza, où une intervention n’est possible qu’en préventif ; cette réflexion est consignée.

Choisis la méthode qui correspond au risque observé, puis consigne les résultats : conserve les analyses et note le raisonnement qui a motivé la décision.

Les services d’avertissement cités par l’annexe : CRAW, CARAH et Pameseb pour les pommes de terre ; CePICOP pour les céréales ; CIPF pour le maïs ; IRBAB pour les betteraves sucrières et les chicorées ; CPL-Vegemar et CIM pour les légumes ; GAWI et PROFRUIT pour les fruits ; GFW pour les petits fruits.

Relier un avertissement à la culture concernée

Les avertissements du CARAH sur le mildiou et l’alternariose de la pomme de terre reposent sur des modèles de prévision et sont proposés sur abonnement. Le CARAH participe aussi à des réseaux de surveillance des ravageurs des grandes cultures, qui tiennent compte du stade de la culture, des populations nuisibles et des auxiliaires.

Noter la décision et évaluer le résultat

Le point 8.3 du cahier demande de noter sur le formulaire d’enregistrement sur quelle base la lutte a été décidée : observations, référence de messages d’avertissement ou analyse d’un échantillon. Le point 8.4 demande de mentionner si le traitement a été efficace, avec le choix « oui-non-pas d’avis ». Ces deux points sont de niveau 3 dans l’annexe 1.

Après l’action, retrouve le constat initial et décris ce qui a changé à la nouvelle observation. Si tu n’as pas d’appréciation sur l’efficacité, inscris « pas d’avis ». N’attribue pas un succès à une opération sur la seule base de son exécution.

L’enregistrement de toute utilisation de pesticide (point 8.1) est de niveau 1 pour toutes les cultures ; celui de toute lutte non chimique, mécanique ou biologique (point 8.2), de niveau 3.

Auxiliaires suivis par le CARAH

Le suivi du CARAH prend en compte les populations d’auxiliaires, notamment coccinelles, syrphes et chrysopes, en plus des populations de nuisibles. Dans ton compte rendu, distingue donc les nuisibles des auxiliaires et tiens compte de ces populations avant de décider d’une intervention.

Identifier un problème au champ : symptômes et diagnostic en Belgique

APPI, l’outil de CORDER, couvre les maladies, ravageurs et adventices. Son parcours de diagnostic guide vers une fiche correspondant aux symptômes ; si la recherche reste sans réponse, la Clinique des plantes propose un diagnostic personnalisé.

Demander un diagnostic personnalisé

La Clinique des plantes réalise des analyses et des diagnostics pour les professionnels agricoles et des espaces verts. Son contact est [email protected]. Décris les symptômes à la Clinique avant l’envoi de l’échantillon.

Comprendre ce qu’un diagnostic peut examiner

Le problème peut provenir d’un champignon, d’une bactérie, d’un virus phytopathogène, d’un insecte ou d’un stress abiotique. Des analyses complémentaires sont parfois nécessaires pour identifier la cause.

Examens réalisés par la Clinique des plantes

La Clinique examine l’échantillon au microscope ou à la binoculaire, ou par isolement et tests microbiens. Les autres moyens comprennent sérologie, techniques moléculaires et bio-essais, notamment ELISA, PCR, RT-PCR et séquençage. Choisis l’examen avec la Clinique après avoir décrit les symptômes.

Biocontrôle et alternatives : vérifier une solution pour sa culture

La lutte biologique intégrée wallonne préfère les méthodes biologiques, physiques et autres méthodes non chimiques durables aux méthodes chimiques si et seulement si elles ont fait la preuve d’une efficacité, d’une faisabilité et d’une rentabilité économique suffisantes (exigence 4.1.1). Cette exigence est de niveau 3, sauf en légumes sous abri où elle est de niveau 2. Pour préparer une solution, identifie d’abord l’organisme visé et la culture, vérifie la colonne de ta culture, puis compare les moyens disponibles avec ton conseiller.

Mesures de l’annexe 1E : biologiques, physiques et non chimiques

Le cahier demande d’appliquer au moins une des mesures de l’annexe 1E, parmi lesquelles :

  • Préparations biologiques et naturelles reconnues contre les maladies, par exemple Trichoderma contre les moisissures ou Bacillus contre les chenilles.
  • Méthodes physiques : pièges et rubans adhésifs (mass trapping), filtres à sable lent, traitement UV, moustiquaires.
  • Phéromones, selon la méthode de confusion des mâles.
  • Contre les mauvaises herbes : lutte mécanique, lutte thermique, arrachage, tapis de sol, paillage organique, végétal de couverture.
  • Désinfection du sol biologique, physique ou par solarisation.
  • En pomme de terre, défanage mécanique ou thermique ; en maïs, désherbage chimique sur la ligne (25 cm) combiné à un désherbage mécanique dans l’interligne (50 cm).
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Résistance : suivre les modes d’action et les applications de la saison

L’alternance des modes d’action se suit par le groupe de chaque substance : la FRAC Code List 2026 classe les fongicides et la classification HRAC 2026 les herbicides. Rapproche les substances utilisées, leur groupe et les applications réellement faites sur la culture, et relève le groupe de chaque substance.

Lire la classification FRAC sans confondre les colonnes

Chaque ligne de la liste FRAC 2026 donne le mode d’action, le site cible, le groupe chimique ou biologique, le nom commun, les commentaires sur la résistance et le code de groupe FRAC. Des chiffres et des lettres distinguent les groupes selon leur comportement de résistance croisée. Relève l’intitulé de la colonne avec la valeur : les lettres et les numéros n’ont pas tous le même rôle.

L’édition FRAC est mise à jour en mai 2026 et intègre des reclassements. N’utilise pas un chiffre isolé issu d’une capture ancienne : garde l’édition consultée et la correspondance avec la substance.

Comprendre ce que le groupe permet de comparer

Des fongicides du même groupe FRAC sont censés présenter une certaine résistance croisée dès qu’une résistance apparaît au champ. Ils ne conviennent donc pas comme partenaires d’alternance ou de mélange pour gérer cette résistance. Le degré de résistance croisée peut différer entre les membres d’un groupe et entre les espèces de pathogènes, voire au sein d’une espèce. Vérifie donc le groupe des substances quand tu changes de marque.

L’autorisation belge d’un produit et ses conditions se trouvent dans Phytoweb.

Choisir le produit : critères du cahier wallon

Le point 5.1.2 du cahier demande de choisir le produit selon son efficacité en fonction du stade de la culture, de la maladie, du nuisible ou de la mauvaise herbe, de sa sélectivité vis-à-vis des organismes utiles, de sa toxicité, du risque de développement de résistance et des risques pour l’environnement. Cette exigence est de niveau 2 pour tous les secteurs.

Chercher un groupe HRAC dans la classification 2026

Le poster HRAC 2026 donne le groupe de chaque mode d’action des herbicides ; la classification de plusieurs molécules y a été mise à jour. Actualise les correspondances de tes anciennes fiches pour les molécules reclassées.

Phytosanitaire bio en Belgique : vérifier le produit et préparer ses preuves

Le produit phytosanitaire bio, souvent appelé produit phyto bio, se trouve par le filtre « autorisé en agriculture biologique » de la recherche officielle Phytoweb ; la recherche sélectionne en premier lieu la culture, puis l’ennemi. Vérifie séparément la substance admissible et l’autorisation belge du produit qui la contient.

Séparer le produit commercial et sa substance active

Les substances actives utilisables dans les produits phytosanitaires biologiques figurent à l’annexe I du règlement d’exécution 2021/1165. Les produits qui les contiennent doivent être autorisés et employés selon les conditions nationales.

Relier l’intervention aux mesures préventives

Les substances admises ne s’emploient que lorsque les mesures préventives, dont les agents de lutte biologique, ne suffisent pas à protéger les végétaux.

Préparer les pièces du contrôle biologique

En Wallonie, le contrôle et la certification biologique sont confiés à des organismes privés agréés ; le SPW supervise leurs activités. L’inscription au système de contrôle précède la certification. Une première visite et un contrôle sont nécessaires avant l’attestation de conformité de l’activité.

Notifier une activité biologique

La notification wallonne d’activités biologiques se fait dans Mon Espace, avec le formulaire version 3.2 du 5 octobre 2026. Une voie papier est prévue en cas de difficulté, sauf pour les groupes d’opérateurs. Cette notification relève du règlement 2018/848 et de l’arrêté wallon du 13 octobre 2022.

Le formulaire demande de joindre la copie du contrat, signé par les deux parties, avec l’organisme de contrôle : Certisys, Tüv-Nord Integra, FoodChain ID Certification, CertiOne ou Signa Audit - Luxbiocert. Prépare avec l’organisme de contrôle le numéro d’entreprise et le contrat, et conserve les échanges relatifs à l’activité dans une rubrique identifiable, séparée des actes d’autorisation des produits.

Cuivre en viticulture : retrouver les conditions belges avant le traitement

Le traitement au cuivre sur vigne en Belgique vise le mildiou de la vigne, Plasmopara viticola : en agriculture biologique, le cuivre reste un levier essentiel contre cette maladie. Son usage répété entraîne une accumulation dans les sols et des impacts négatifs sur l’environnement ; le cuivre vigne bio relève d’un cadre réglementaire de plus en plus restrictif. Avant de traiter, relève le nom et le numéro du produit que tu détiens, vérifie qu’il est autorisé sur vigne contre le mildiou et lis ses conditions d’emploi.

Pour retrouver un produit cuprique, la base officielle Phytoweb cherche par nom, numéro d’autorisation, culture ou ennemi. Conserve le libellé exact de la culture et de l’ennemi de l’usage obtenu : une recherche sur le sulfate de cuivre pour la vigne ne précise pas les conditions d’emploi d’une référence commerciale.

Ce que change l’avis belge sur le cuivre

Le 27 février 2026, le SPF Santé publique a annoncé le maintien et la réinstauration des fongicides à base de cuivre à usage professionnel pour les usages essentiels, avec un renforcement des conditions d’utilisation. Ces usages comprennent notamment des réductions des quantités totales de cuivre par culture.

Les produits concernés sont BLUE SHIELD HIBIO (11147P/B), COPERNICO HIBIO (11148P/B), CUPERIT (32P/B), CUPREX 50 % (924P/B), CUPREX 50 % WG (8782P/B), CURVATA (8922P/B), GRIFON SC (10790P/B), HYDRO SUPER 25 WG (9778P/B), HYDRO WG (9272P/B), KO-PLUS 40 (9607P/B), KOPERHYDROXYDE WG (8825P/B) et SUPER KOPER 25 WG (33007P/P). Les nouvelles conditions d’utilisation s’appliquent immédiatement, même si les étiquettes ne sont pas encore adaptées.

Sulfate de cuivre pour les vignes : formes de cuivre admises en bio et plafond d’application

La liste fédérale des substances actives autorisées en agriculture biologique range sous le code 10E l’hydroxyde de cuivre, l’oxychlorure de cuivre, l’oxyde de cuivre, la bouillie bordelaise et le sulfate de cuivre tribasique. Pour le cuivre, y compris le sulfate de cuivre pour vigne, le règlement d’exécution (UE) n° 540/2011 n’autorise que les utilisations entraînant une application totale maximale de 28 kg de cuivre par hectare sur une période de 7 ans.

Le soufre figure aussi sur cette liste : le traitement soufre et cuivre vigne associe deux substances de la liste, et les produits qui les contiennent doivent être autorisés conformément au cadre des produits phytopharmaceutiques. Vérifie chaque acte belge et fais examiner l’association par ton conseiller avant de préparer une cuve.

Mildiou, cuivre et risque pour le sol

Le cuivre est classé candidat à la substitution depuis 2018 ; son autorisation d’utilisation a été renouvelée en juillet 2025. Le projet ALTWALCUIVRE du CRA-W vise à identifier, tester et valider des alternatives durables et efficaces pour la vigne et la pomme de terre en agriculture biologique wallonne.

Étape suivante

Préparer les étapes du traitement retenu.