Altise de la vigne : diagnostic avant traitement

Le traitement contre l’altise de la vigne cible Altica ampelophaga, aussi appelée pucerotte, dont les adultes sont vert foncé métallique à reflets bleutés. Avant d’intervenir, repérez le stade présent : adultes et larves n’abîment pas le feuillage de la même façon.

L’adulte possède des élytres ponctués et des pattes postérieures adaptées au saut.

Les œufs jaune orangé sont disposés debout, côte à côte, en paquets sous les feuilles.

Les adultes découpent dans le limbe des trous de tailles variées. Les larves rongent ensuite l’épiderme inférieur en respectant l’épiderme supérieur, qui prend un aspect de dentelle.

En avril, à la sortie de l’hivernation, les adultes provoquent des dégâts localement importants, car la surface foliaire est alors limitée et les futures grappes sont atteintes. Les larves de première génération causent les mêmes dégâts. Les larves de deuxième génération rongent les feuilles de mai à août.

La vigne est l’hôte préférentiel de l’altise. Ses larves peuvent aussi se nourrir sur certaines Onagraceae et Lythraceae. Des pullulations locales sont observées de temps à autre, et il peut y avoir 2 à 3 générations par an.

La larve, d’abord gris jaunâtre, devient noire au dernier stade. Chez la larve âgée, des tubercules charnus sont disposés transversalement sur l’abdomen. Chacun porte une soie ; la tête est ronde.

À ce dernier stade, la larve noire mesure 7 à 8 mm. La nymphe, jaunâtre, atteint 4 mm de long.

Les adultes hivernent dans la litière, sous les pierres ou dans les crevasses des troncs. La nymphose se déroule dans le sol.

Traitement contre l’altise de la vigne : la ligne E-Phy « Coléoptères phytophages »

Dans E-Phy, l’altise n’a pas de ligne à son nom : un traitement contre l’altise de la vigne se lit sur l’usage « VigneTrt Part.Aer.Coléoptères phytophages ». Sur cette ligne, LAMBDASTAR, KARATE AVEC TECHNOLOGIE ZEON et KARIS 10 CS autorisent 0,15 L/ha contre l’altise et le cigarier, avec 2 applications au plus et 7 jours avant récolte ; à 0,075 L/ha, la même ligne vise le coupe-bourgeon. DECIS PROTECH, DELTASTAR et DECLINE 1.5 EW portent la même ligne à 0,5 L/ha, 3 applications au plus, avec un délai avant récolte de 7 jours sur raisin de table et de 14 jours sur raisin de cuve. Au registre, notez la ligne d’usage et la cible, pas seulement le nom commercial.

Cochenille de la vigne : traitement et auxiliaires

Les Coccidae comprennent des cochenilles à coque ou floconneuses ; les Pseudococcidae sont dites farineuses.

Les cochenilles se nourrissant dans le phloème excrètent un miellat sucré. Celui-ci attire les fourmis et favorise la fumagine, dont le développement noirâtre en surface des feuilles et des baies nuit à la qualité de la récolte.

Certaines cochenilles transmettent les virus associés à l’enroulement de la vigne, en plus des dégâts liés aux piqûres et au prélèvement de sève.

Chez les Coccidae, les larves et les femelles sont mobiles avant fixation et durcissement de la coque. Chez les Pseudococcidae, tous les stades sont mobiles.

Les jeunes larves de Parthenolecanium corni s’installent près des nervures. Elles migrent vers les parties ligneuses avant la chute des feuilles. Chez Pulvinaria vitis, l’ovisac forme une pelote de fils cireux sous l’abdomen. Heliococcus bohemicus expulse des larves vivantes : sa reproduction est ovovivipare.

La protection insecticide vise les larves néonates lors de leur essaimage vers le feuillage au printemps. Les femelles adultes sont protégées par leur coque ou leur cire.

Les parasitoïdes et prédateurs assurent une régulation naturelle : hyménoptères parasitoïdes, punaises et coléoptères prédateurs. Des trous de sortie révèlent le parasitisme de certaines femelles.

La protection contre la flavescence dorée peut perturber cet équilibre biologique.

Un programme insecticide spécifique n’est généralement pas nécessaire, sauf si le risque de transmission virale est élevé.

L’identification de l’espèce nécessite souvent un examen microscopique. Le mâle est ailé et dépourvu de pièces buccales ; la femelle adulte est aptère. Les cochenilles farineuses portent des cires blanchâtres plutôt qu’un bouclier.

Distinguer les coques et les ovisacs

Chez Parthenolecanium corni, la femelle possède une coque ovale brune à rougeâtre, en « chapeau melon ». Celle de Parthenolecanium persicae est plus allongée et plus foncée. Chez Pulvinaria vitis, la coque se soulève pendant la ponte et l’ovisac est court, arrondi et blanc cireux. Neopulvinaria innumerabilis forme au contraire un ovisac allongé, à sillon axial et cire collante.

Heliococcus bohemicus hiverne sous les écorces au stade larvaire. En avril, il migre vers les jeunes feuilles. Après l’accouplement, les femelles reviennent sous les écorces et cessent de s’alimenter. Les larves colonisent ensuite les feuilles avant de rejoindre les parties ligneuses en automne.

Chez les cochenilles pulvinaires, Coccophagus scutellaris parasite les larves du deuxième stade en y déposant ses œufs. Les individus parasités deviennent gonflés et noirs. Parmi les prédateurs, Anthribus nebulosus est surtout associé aux Coccidae.

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Chenilles de la vigne : reconnaître l’espèce avant le traitement

Pour choisir un traitement contre une chenille de la vigne, repérez d’abord l’organe attaqué : bourgeon, feuille ou grappe. Les chenilles mange-bourgeons, ravageurs de l’ordre des lépidoptères, s’attaquent aux bourgeons et aux jeunes feuilles. Les plus grands dommages des noctuelles sont constatés en avril-mai.

Les chenilles mange-bourgeons appartiennent à plusieurs familles de lépidoptères : des géométridés, des érébidés, des noctuidés, des sphingidés et des zygénidés.

La boarmie avance en arpenteuse. Elle peut se tenir dressée sur ses pattes arrière, comme une brindille. Les érébidés sont très poilus, d’où l’appellation de chenilles hérissonnes.

Les noctuelles ont des chenilles plutôt grises et sans poils. Elles peuvent s’enrouler lorsqu’elles sont dérangées et s’abritent dans le sol pendant la journée.

Les chenilles de sphinx sont grandes et épaisses, avec un éperon sur l’avant-dernier segment de l’abdomen. Ravageurs occasionnels, elles causent des dégâts toujours limités. Le travail du sol détruit les chrysalides du grand sphinx de la vigne, que les murs abritent sur les vignes en espalier.

Préservez les ennemis naturels des chenilles : carabes au sol, passereaux, chauves-souris, chrysopes et hémérobes (œufs et petites chenilles), hyménoptères parasitoïdes et mouches tachinaires.

La boarmie correspond notamment à Peribatodes rhomboidaria. Les espèces de noctuelles diffèrent entre vignobles méridionaux et septentrionaux.

Theresimima ampellophaga, de la famille des zygénidés, consomme les jeunes bourgeons puis les feuilles en croissance.

Traitement contre les chenilles de la vigne : la ligne E-Phy « Chenilles phytophages »

Un traitement contre les chenilles de la vigne se lit sur l’usage « VigneTrt Part.Aer.Chenilles phytophages ». DELFIN (Bacillus thuringiensis kurstaki) y est autorisé à 0,75 kg/ha, 6 applications au plus, 3 jours avant récolte, et RAPAX AS à 1 L/ha, 3 applications au plus, 1 jour avant récolte. Pour DELFIN, l’emploi est autorisé durant la floraison et pendant les périodes de production d’exsudats, en dehors de la présence d’abeilles. DELTASTAR, DECLINE 1.5 EW et KARATE AVEC TECHNOLOGIE ZEON portent aussi cette ligne : comparez leurs doses et leurs délais avant récolte dans E-Phy avant de choisir. Le principe actif biologique est présenté sur la page Bacillus thuringiensis en usage agricole.

Phylloxera : traitement du pied de vigne et choix du porte-greffe

Avant de choisir un traitement contre le phylloxéra (Daktulosphaira vitifoliae), distinguez les galles sur les feuilles des atteintes sur les racines. La lutte chimique est peu ou pas efficace. Trois mesures de protection sont décrites : utiliser un porte-greffe résistant, cultiver la vigne sur sol sableux (moins de 3 % d’argile) ou submerger les parcelles atteintes 40 à 60 jours en hiver, technique difficile voire impossible dans beaucoup de vignobles.

Ne confondez pas le phylloxéra, un insecte piqueur, avec l’érinose, qui vient d’un acarien.

Les galles provoquées par les piqûres sont visibles sur la face inférieure des feuilles, tandis que des lésions chlorotiques peuvent apparaître sur le limbe. Les feuilles atteintes peuvent avoir une croissance diminuée.

L’érinose associe des boursouflures à une prolifération de poils hypertrophiés au revers, à la suite des piqûres d’un acarien.

Sur les vignes sensibles, les radicelles portent des nodosités, parfois en bec d’oiseau. Les racines plus âgées présentent des tubérosités. Ces altérations contribuent au dépérissement.

Les nodosités, d’abord jaunes, peuvent brunir et se nécroser. Les tubérosités sont des hypertrophies des tissus corticaux. Leurs fissures facilitent l’entrée de microorganismes du sol.

Sur Vitis vinifera, les attaques sont principalement racinaires et les atteintes aériennes exceptionnelles. Sur les vignes américaines, les galles foliaires sont généralement non létales. L’infestation progresse de proche en proche dans la parcelle.

Le cycle comporte une phase aérienne, dite épigée, et une phase racinaire, dite hypogée. Il varie selon l’espèce de Vitis. Sur Vitis vinifera, il se perpétue principalement sur les racines. Sur les hôtes permettant la phase aérienne, les fondatrices colonisent les feuilles et produisent des individus gallicoles. Certaines jeunes larves migrent ensuite vers les racines et deviennent radicicoles. Le vent peut transporter les larves pendant leurs déplacements.

Pucerons de la vigne : identifier le ravageur avant d’intervenir

Pour le traitement contre le puceron de la vigne, identifiez d’abord l’insecte. L’insecte piqueur voisin des pucerons sur la vigne est le phylloxéra (Daktulosphaira vitifoliae) : ses galles sont visibles à la face inférieure des feuilles et ses nodosités sur les radicelles.

La cicadelle verte (Empoasca vitis) et les cochenilles, Coccidae et Pseudococcidae, figurent elles aussi parmi les insectes de la vigne. Leurs coques et leurs ovisacs sont décrits plus haut, dans la section sur les cochenilles.

Dans E-Phy, chaque usage autorisé associe une espèce végétale et un bio-agresseur ou une fonction : cherchez l’usage « vigne » qui correspond à votre ravageur.

Prochaine étape

Comparez les cloques avec les symptômes de l’érinose.